Sortie familiale à la foire aux santons

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Depuis plusieurs années, mes parents constituent, pièce après pièce, une crèche provençale pour mes enfants. Aussi, les mois d’octobre et de novembre sont synonymes chez nous de sorties familiales dans la foire aux santons de Nîmes et celles des alentours.
Nous avons pris nos habitudes : pour « Gard aux santons », la première foire de la saison organisée par l’association des santonniers du Gard, nous venons toujours passer le week-end à Nîmes chez mes parents. Nous renouvelons ensuite ce plaisir dans d’autres foires  pour trouver un santon supplémentaire.

 

Gard aux santons a toujours lieu début octobre à Nîmes. Je dois dire que week-end dernier cet événement a de nouveau ravi chez nous les petits comme les grands.
Jeanne avait entrepris de se faire offrir les animaux de la basse-cour par son grand-père.
–    L’année dernière, on a acheté des moutons. Mais avec des poules et des oies dans l’enclos, ça ferait vraiment comme chez Tonton Jean ! a-t-elle avancé comme argument massue.
Mon père a éclaté de rire. Impossible pour lui de résister aux yeux suppliants de ma fille. Il s’est appliqué à choisir avec elle les plus jolies poules et les oies les plus blanches.
–    Ajoute la gardeuse d’oie, a-t-il fini par lâcher, certain du cri de joie qu’il allait déclencher chez Jeanne.

César, lui, arpentait les allées du salon avec ma mère et mon mari. Son projet cette année était assez précis :
–    On a déjà pas mal de santons mais notre crèche ne ressemble pas encore à un village dans la campagne, a-t-il annoncé. Il faudrait de l’eau avec un pont et puis une fontaine et puis un moulin en haut d’une colline et puis un meunier qui dormirait !

Paul, mon mari lui a suggéré de faire serpenter du papier d’aluminium puis de peindre et de découper des éléments de décor dans du carton.
–    Cette année, on achète un pont et un joli moulin. L’année prochaine, si tu veux, on s’occupera de la place du village avec la fontaine ! a promis ma mère.
La négociation terminée, César est parti avec sa grand-mère à la recherche d’un pont et du plus beau moulin du salon. Le choix a été difficile car le travail de chaque santonnier est aussi personnel que magnifique.

En partant, j’ai acheté un sachet de blé pour chacun de mes enfants. La crèche, nous l’installons à Nîmes mais la tradition du blé nous nous en occupons chez nous à Toulouse. Planter le blé de la Sainte Barbe 20 jours avant Noël, reste l’une des traditions les plus suivies en Provence. Le 4 décembre, nous semons des grains dans trois coupelles, afin de les faire germer. Ces coupelles figurent ensuite sur la table de Noël, au soir du 24 décembre. Le 25 décembre, ma mère orne les pousses vertes de rubans rouges et jaunes. Le 26 décembre, les coupelles sont disposées près de la crèche jusqu’à l’Épiphanie où le blé est enfin planté en pleine terre. Tout un programme suivi chez nous depuis des générations !

Nul doute que cette année encore la création du paysage et la mise en scène des santons de la crèche sera un moment magique. Ils restent je crois parmi les plus forts de mon enfance.

Atelier-patrimoine-de-Nimes
Cécile

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