Le château du Cheylard à Aujac

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Habitant depuis des années à la lisière du Parc national des Cévennes, j’observais régulièrement les contours des hauts murs blancs du château du Cheylard d’Aujac, tranchant avec le vert environnant.
A chaque étape en voiture, pour emmener mes enfants à l’école et filer au travail, pour faire nos courses le samedi matin ou tout simplement en nous baladant en famille le dimanche, il était là, quelque part dans le paysage, jucher à 600m d’altitude sur son promontoire rocheux.
Entre deux maisons. Entre deux arbres. Entre deux vallées. Il était là.
Et il m’a bien fallu répondre aux questions de mes deux fils : « Papa, c’est quoi ce château là-bas ? », « C’est qui qui l’a construit ? », « Y’a encore des chevaliers qui vivent dedans ? ».
Comme tout parent, j’ai usé de pirouettes tant que j’ai pu pour leur répondre au mieux. Seulement voilà, il arrive un moment où j’ai du me rendre à l’évidence : je ne savais rien du château que je voyais pourtant tous les jours.


Le soir venu, direction le site internet du château à la recherche d’infos. Ça tombe bien, il est ouvert le dimanche après-midi en hors-saison.
Ni une, ni deux, nous voici en voiture le dimanche suivant pour aller visiter l’édifice. Et là, c’est l’aventure! Nous nous sommes enfoncés dans les forêts entourant Aujac, dans lesquelles nous n’étions jamais venus. En cette période et avec les pluies de ces derniers jours les couleurs du printemps dominent.
Nos enfants se faisaient déjà toute une aventure de nos tribulations routières dans les forêts épaisses et colorées.
Nous voici arrivés au parking où on nous invite à nous garer. Le parking est pierreux et se fond parfaitement dans le paysage. On nous invite à remonter la pente sur une centaine de mètres pour arriver aux grilles du château. Les enfants gambadent, Sabine et moi nous en profitons pour observer de loin ce que nous côtoyons chaque jour de près. Et au fil des mètres parcourus, et après être revenu de l’incroyable vue, on commence à comprendre par nous-même pourquoi le château fût construit ici : on domine toute la vallée depuis ce lieu.
Arrivé à l’entrée du château, on est accueilli par un terrain plat, herbeux, avec le château qui nous oblige à lever les yeux au ciel pour en observer toute sa majesté.
Nous sommes accueillis par les propriétaires. Des personnes tout a fait charmantes et accessibles.
Alors bien sûr, nous discutons quelques minutes de la route pour venir ici, du temps vraiment clément ces jours-ci, puis des questions très générales sur le château nous viennent, les toutes dernières découvertes au fur et à mesure des restaurations de l’édifice et puis on nous explique ensuite le déroulé de la visite guidée. Oui, parce qu’un guide nous fera la visite !
Et d’ailleurs le voici. Nous nous présentons et on s’avance vers l’entrée du château, juste devant le pont-levis. Nous démarrons fort puisqu’on nous explique que celui-ci venait tout juste d’être découvert et reconstitué. Passé l’émerveillement d’une telle trouvaille historique, nous nous enfonçons par dessus le pont-levis, puis sous l’arche pour atterrir dans la première pièce ouverte. On descend d’abord sous terre, ce qui ne manque pas de fasciner toute la famille. On nous pose des questions sur ce qui nous entoure, on nous invite à réfléchir sur les dispositions des pièces, des ouvertures. On nous invite à jouer avec le lieu. Et ici pas de mauvaises réponses : les enfants comme les adultes y vont de leurs interprétations, sans la moindre gênes et on s’amuse à imaginer tout et parfois n’importe quoi. Alors oui, on se trompe. Souvent. Duper par nos esprits contemporains qui ne sont pas du tout coutumier des usages de ce genre de lieu. Nous empruntons un escalier fort étroit, entre deux murs épais, pour monter au premier étage avec la sensation de retomber en enfance et de participer nous aussi à une bataille en cours.
A chaque pièce, son histoire. A chaque couloir, son anecdote. A chaque découverte, sa reconstitution.

 

S’enchaîne les tours carré et ronde, illustrant les évolutions castrales, sont évoqués la protection des remparts, le village fortifié et l’inscription du site Monument Historique ainsi que les travaux menés par les chercheurs pour la conservation et la préservation du lieu.
Loin du château d’un autre temps, d’une autre époque, le château du Cheylard nous semble pourtant familier. L’histoire est palpable, tangible. Le lieu a vécu et on s’attend presque à croiser un de ses nombreux locataires venus d’un autre âge à chaque intersection ce qui ne serait pas pour déplaire à Julien.

A l’issue de la visite du château, nous sommes invités à aller à l’extérieur pour constater la présence du tout petit village médiéval restauré juste à côté.
Après plus d’une heure et demi sur place, nous décidons de repartir tranquillement vers notre maison. Et ce genre de visite laisse des traces : on s’interroge sur ce qui nous entoure et pas seulement sur la visite qui vient de passer.

En cela, la visite du château du Cheylard restera un souvenir inoubliable. Bien loin de la frénésie d’autres lieux historiques, ici, on prend le temps. Et les souvenirs s’impriment en nous au gré du temps qui défile et reste gravé à tout jamais.
Quand les petites histoires font la grande…

Cédric-Blogueur-pour-le-Gard-2016
Cédric

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